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Vergessene Kinder (partie 3)
24 novembre 2005 Cher Bill, Aujourd’hui, j’ai commencé un nouveau livre. Ça parle d’une petite fille qui se faisait frapper par son papa. Mais quand s’en mère s’en ait rendue compte, elle l’a envoyé en prison. Une prison, c’est un endroit pour les malfaiteurs. Ils les mettent là pour qu’ils réfléchissent à leurs actes. Je crois que le livre ment. Les mamans n’envoient pas les papas en prison. Ma maman ne voit rien et n’entend rien. Quand il me frappe devant elle, elle détourne les yeux et prend une nouvelle bière. Elle souffre, je le sait. Mais elle a peur, comme moi. Je crois que nous avons une prison à la maison. C’est ma chambre. J’y suis toujours. Hugo dit que je dois réfléchir à mes actes. Mais je ne comprends jamais ce que j’ai fait. Alors je t’écris, Bill. Je lis beaucoup aussi. J’adore lire des histoires qui se passent partout dans le monde parce que je peux m’imaginer là-bas aussi. J’aimerais voir le désert, les forêts tropicales, la neige d’Amérique du nord, le mont Everest. Un jour je t’y emmènerai. Nous irons ensemble voir ces endroits. - Hey, Bill. Tu viens te dégourdir les jambes ? me demanda mon frère, interrompant ma lecture. Je ne m’étais pas rendu compte que l’autobus s’était arrêté. Je secouais négativement la tête. Tom semblait agacé par mon comportement. D’habitude je ne m’isolais pas ainsi. Mais je voulais savoir comment cette pauvre fille était finalement sortie pour venir me retrouver. En même temps, je savais que j’allais sans doute lire des horreurs. Mais Tom s’assit proche de moi, avec la ferme intention de m’empêcher de poursuivre dans ma lecture. - Alors, comment ça avance l’écriture ? demanda t’il, l’air innocent. Cette question m’agace. Je subis en ce moment un manque d’inspiration chronique. Je sais que lui, Gustav et Georg ont déjà composé la musique pour toutes les chansons que j’ai écrites. Il ne reste que trois ou quatre compositions à faire. David (notre producteur (NDA : Le vrai ^_^)) attends après nous pour annoncer la sortie prochaine de notre deuxième album. Son nom sera Zimmer 483. - Ça va très bien, répondis-je sèchement. Tom haussa un sourcil. - Ouais, c’est ça. Bill, ça fait bien une semaine que je ne t’ai pas vu écrire la moindre parole. Est-ce que tu veux qu’on laisse un compositeur externe finir l’album ? - Non ! m’exclamais-je. J’avais dit que je ferais ces chansons, je le ferai. Bill Kaulitz n’a qu’une parole et surtout un orgueil de fer. - Alors, il serait peut-être temps que tu arrête de lire et que tu reprennes ta plume ! Il me donna deux tapes derrière l’épaule et se leva. Il sortit une cigarette de son paquet et se la coinça dans la bouche. Ensuite, il sortis. Le bus était vide et silencieux maintenant. Le journal intime me brûlait les mains. Je le fixais et aurais voulus qu’il s’ouvre par la seule force de mon regard. Il voulait que j’écrive ? Mais à propos de quoi ? Avec quels mots ? Qu’est-ce qui plairait vraiment au public ? À un public qui me cracherait dessus si jamais je perdais complètement mon inspiration et que je faisais appel à des compositeurs. Je ne voulais pas parler de l’amour, c’était déjà un sujet présent dans le disque. Ce cahier, ce journal… J’avais l’impression que j’avais besoin de cette évasion douloureuse. Pour une autre fois encore, j’ouvris le journal. Cette fois-ci, l’écriture semblait précipitée et il y avait des traces de larmes un peu partout. C’est avec appréhension que je poursuivis ma lecture. 1er décembre 2005 Cher Bill, Je ne sais pas et ne comprends pas ce qu’il s’est passé aujourd’hui ! Hugo est entré à la maison et le souper n’était pas prêt. Maman avait passé toute la journée à boire et à écouter la télé. Moi, j’étais dans ma chambre, comme d’habitude. J’ai entendu un cri. Ce cri, c’était maman qui l’avait émit. Je me suis précipitée en haut. Maman était étendue par terre et se protégeait le visage des bras. Hugo avait une grosse cuillère de bois et la frappait de toutes ses forces. « Je te l’avais dit ! » hurlait-il. « Tu n’écoutes jamais ! ». J’étais paralysée par la peur. De voir maman ainsi, ça me fendait, je me brisais intérieurement. Je crois que j’ai perdu tout conscience et j’ai sauté sur Hugo. Il s’es détourné de maman et m’a brusquement immobilisée. Il m’a tiré les cheveux si fort que ma tête à suivit. C’est ainsi que mon papa m’a entraînée dans ma chambre. Je crois que ça a duré très longtemps. Mais tout ce dont je me souviens, c’est la violence des coups et je regard d’Hugo. Il s’es essoufflé à un moment et s’est arrêté. « Tu restes dans ta chambre ! » haletait-il, avant de s’en aller, en claquant la porte. Bill, je crois que je suis méchante. Ce doit être là la seule raison pour qu’il me frappe, me punisse ainsi. Je dois être très méchante. Peut-être que tu me détesterais d’être comme je suis. Mais au moins, ces coups n’ont pas été vains, j’ai bien fait d’être méchante. Parce que je peux supporter qu’il me frappe. Mais ma mère, je ne serai jamais capable. Jamais. - Bill ! Je sursautais. Tom, Gustav et Georg me fixaient, l’air étrange. Qu’est-ce qu’il y avait ? Je ne les avais pas entendus entrer. - Qu’est-ce qu’il y a, les gars ? demandais-je. Je me rendis compte que ma voix tremblait. C’était plus fort que moi. - Il y a ça ! s’exclama Gustav en pointant mon visage. Je passais ma main dans ma face et me rendis compte qu’une larme y coulait, doucement. - Excusez-moi, dis-je, tentant de calmer ma voix. Tom semblait de pas comprendre. Gustav et Georg, eux, regardaient mon… non son journal. Je crois qu’ils ont compris. - Tu devrais peut-être arrêter de le lire, affirma Georg. Il fronçait les sourcils et semblait ne pas trouver qu’une telle lecture était bonne pour ma productivité. - Mais c’est quoi qu’elle écrit, pour que tu sois comme ça ? demanda Gustav, plus attentif à mes réactions. Il semblait troublé et son regard allait du livre à moi. - De quoi parlez-vous ? Ça c’était Tom. Bon vieux Tom, toujours à faire comme si il était idiot. Je suis sur dans le fond, qu’il comprend ce que je ressens à propos de ce bouquin mieux que quiconque ici. Mais il se croit si drôle… - Les gars, c’est juste… inhumain. Elle vit des choses horribles. J’avais presque murmuré ces paroles. Elle me traversait comme des poignards. Comment pouvait-elle vivre des choses aussi horribles et survivre ? Je me surpris à me demander si moi je ne me serais pas servis de la corde. - Ça ne t’a pas traversé l’esprit un instant que ce « bouquin », ce soit une fan qui l’a écrit pour attirer ton attention ? Sortir de la masse ? demanda Georg, cassant mes pensées. Non, ça ne m’avait même pas effleuré l’esprit. Comment est-ce que ça aurait put ? C’était vrai et sincère ce qui était écrit. L’on ne pouvait pas inventer des choses pareil. - Ne dis pas n’importe quoi ! m’exclamais-je en brandissant la main. Georg eut un sourire navré. - Tu es bien naïf, Bill ! Combien de fois on s’est fait raconter des histoires ? - Et toi tu ne crois pas assez en la nature humaine, Georg ! Combien de fois est-ce que c’était vrai ? Est-ce que tu oublies tout ces enfants… - Non ! me coupa t’il. Il s’interrompit. - En fait, je les oublie, en effet, Bill. Il y en a beaucoup trop, de ces enfants oubliés. Tu ne peux pas prendre leurs poids sur tes épaules, tu n’es pas assez fort pour cela, personne ne l’est. Il secoua tristement la tête. - Peut-être que l’histoire de cette fille est vraie, mais rappelle toi cela : Tu ne peux rien pour elle. Une tristesse infinie m’envahit. C’était malheureusement vrai ce que me racontait Georg. Je ne pouvais rien pour elle. Je venais tout juste de partir de Berlin, direction une tournée de l’Europe. Demain je serai sur scène, acclamé par des milliers de fans. Penserai-je à elle à ce moment là ? Et quand je me jetterai dans la foule, qui m’attrapera et que je sentirai leurs mains sur mon dos, sachant qu’elles me soutiennent, penserai-je à elle. Quand je vivrai mon premier amour et que j’en serai épanoui, penserai-je à elle ? Quand j’aurai mes premiers enfants, penserai-je à elle ? Quand … Non, je ne penserai pas à elle, parce qu’elle est une. Une parmi des centaines, des milliers d’enfants oubliés. Tristement, je me levais, le cahier dans les mains. - Merci beaucoup Georg, t’es vraiment le meilleur des potes quand il s’agit de remonter le moral. Et je me dirigeais vers ma couchette. - Bravo, Georg ! entendis-je, la voix de Tom. - Ton frère se perds trop souvent, par apport à la réalité. Il est temps qu’il apprenne à redescendre sur terre et a se protéger émotionnellement. Si nous continuons à devenir célèbre, ce ne sera pas la dernière fois qu’il recevra des lettres, des histoires d’horreur. Il croit quoi ? Qu’il les sauvera tous ? Il rêve, selon moi, c’est impossible ! Je fermais les yeux. Je ne voulais plus rien entendre. Je cherchais mon Ipod à tâtons et mettais les écouteurs. La musique envahit mes oreilles et je n’entendis plus la voix de Georg. Je m’en foutais de ce qu’il disait. Je savais que je ne pourrais pas la sauver. Il était con ou quoi ? Mais j’avais besoin de savoir ! C’était une sorte d’obsession pour moi. J’ouvris la petite lampe au dessus de mon lit et ouvrit le journal. Peu importe que je ne puisse pas la sauver. Elle me sauvait moi et grâce à elle j’en sauverai d’autres… 15 décembre 2005 Cher Bill J’ai rêvé à toi hier. Je marchais dans un champ (J’en ai vu une fois à la télé, pendant que maman dormait, c’est très beau) et je souffrais. J’avais mal et je ne savais pas pourquoi. Le vent soufflait très fort et il s’est mit à pleuvoir. J’avais peur, je pleurais. J’avais très froid et je ne pouvais plus bouger. Alors je suis tombée par terre et je restais là, tremblant et pleurant. Puis, tu es arrivé. Je savais que c’était toi, j’avais vu tes cheveux et tes yeux, ils sont impossibles à oublier. Tu m’as dit de me relever et de continuer à marcher, parce que si je restais ici, ce serais la fin de tout. Tu m’as dit que si je restais, je vivrais l’enfer pour le reste de ma vie. Je t’ai répondu que c’était trop difficile et qu’ici, grâce au blé, j’étais protégée du vent et du froid. Tu as souris et m’as tendu la main en disant : Oui, ici tu te sens protégée, mais tu n’es pas libre. Le blé t’empêche de voir ce qu’il se passe autour et il te tient serrée entre ses tiges. Si tu viens avec moi tu auras froid, le vent te soufflera et tu souffriras. Mais jamais autant qu’ici. Alors j’ai pris ta main et tu m’as relevée. Nous avons continué à marcher, puis je me suis réveillée. J’aurais aimé ne pas me réveiller et rester avec toi Bill. J’aimerais marcher avec toi, dans le froid, le vent et la pluie. Tout serait mieux qu’ici. Tags associés : Vergessene, kinder, partie
Le Mercredi 11 Juin 2008
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