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J'écris voyez vous! Et oui, et pas que de la connerie. Cette histoire m'est venue en écoutant la chanson Vergessene Kinder de TOkio Hotel. Ou Forgotten Children (in english). Une histoire qui peut parraître dure. Mais je voulais la partager avec vous! Dites-moi ce que vous en pensez!!! Résumé: Je suis une star. Ces paroles ne sont pas prétentieuses, loin de là. C'est tout bonnement ce que je suis. Et vous savez quoi? En lisant ce cahier, ces paroles, j'ai honte de mon statut, de mon confort. Quand il y a tous ces enfants, ces enfants que nous oublions trop souvent... Je suis Bill Kaulitz. Cette histoire n'est pas la mienne...
Tags associés : Vergessene, kinder, resume
Dimanche 01 Juin 20081 commentaire(s)
Vergessene Kinder (Les enfants oubliés)
C’est une journée comme les autres. Rien de nouveau, rien d’inhabituel. Toujours les mêmes cris, les mêmes regards, les mêmes sourires, les mêmes photos, les mêmes étreintes. Elles sont là pour nous. Elles nous ont attendues des heures, voir des jours. Je vois quelques affiches. Elles les ont fabriquées en pensant à nous et nous n’en verrons pas la moitié. La file est longue et je sais que ça durera des heures. Malgré tout cela, j’adore cette journée. Elle me fait comprendre que je n’existe pas pour rien ou pour personne. C’est une sensation incroyable de voir ces larmes, cette admiration. Et nous ne nous n’en lassons jamais. Je sais que mon frère aime cette journée car c’est une occasion pour lui de voir plein de filles. Mon frère est ainsi et ne changera jamais. La moyenne d’âge des personnes présentes varie entre 13 et 25 ans. Elles veulent toutes la même chose pourtant. Un autographe et un peu d’attention, l’impression que nous n’avons remarqué qu’elle. Nous sommes entraînés pour ça, nous avons maintenant quelques années de pratique. Dans ces rencontres, je cherche également des histoires, des idées. Je cherche l’inspiration, car je travaille présentement à la création de notre deuxième album. La journée passe doucement. Rien ne vient troubler la séance, hormis peut-être quelques évanouissements. La file diminue, peu à peu. Je suis fatigué et je suis pressé de retourner dans l’autobus. Vers dix-sept heures, les gardiens de sécurité ferment les portes. Les filles qui faisaient la file à l’intérieur pourront avoir leurs autographes, alors que celles qui étaient encore à l’extérieur d’en vont, dépitées. Ça me désole toujours de faire des déçues. Mais nous n’avons pas le choix, sinon ça durerait sans doute jusqu’à une heure avancée de la nuit. Je continue pendant encore une demi heure, puis il ne reste plus personne, sauf une jeune fille qui me fixe, un cahier serré contre elle. Je me demande pourquoi elle attire mon attention et ma curiosité. Est-ce parce qu’elle est habillée d’un étrange pyjama sale, parce que des traces de larmes sont figées sur ses joues, ou parce qu’elle tient son cahier comme si sa vie en dépendait ? Quoi qu’il en soit, j’étais incapable de détacher mon regard d’elle. Elle semblait figée, à deux mètres de nous. Elle ne me regardait pas avec adoration, comme les autres fans. Non, c’était plus comme du désespoir et de l’espoir en même temps, de la tristesse et de la joie, de la curiosité et de l’indifférence. Elle était blonde et ne devait pas avoir plus de douze ans. Elle était petite et maigre, comme si elle ne mangeait pas assez. Je détachais mes yeux d’elle, pour échanger un regard avec mon frère, qui semblait également intrigué. Gustav et Georg semblaient ne pas avoir remarqué l’étrange fillette et relaxaient, à la suite de cette dure journée. La jeune personne détacha finalement son regard de moi pour tourner la tête et regarder nerveusement vers l’extérieur. - Hum, tu veux des autographes, demanda Tom. Elle sursauta et regarda Tom d’un air indifférent. - Non, répondit-elle simplement. Elle reporta son attention sur moi et s’approcha de la table derrière laquelle nous étions assis. - Êtes-vous Bill Kaulitz ? demanda t’elle d’un coup, d’une voix faible et douce. La question nous surpris tous. - Mais oui ! répondis-je, comme si c’était une évidence. Il est vrai qu’avec mes cheveux, c’est dur de me manquer ! Un faible sourire éclaira son visage. Elle semblait soulagée. - Je vous cherchais. Il fallait que je vous voie, juste une fois. Elle tripotait son cahier. Je remarquais qu’il était usé. La couverture était à moitié déchirée et les coins étaient pliés. Elle ignorait totalement les autres membres du groupe. - Pourquoi voulais-tu me voir ? demandais-je, intrigué. D’habitude ce n’était pas le genre de question que je posais. Les fans étaient des fans. Elles voulaient mes voir car elles aimaient notre musique, ou même car elles étaient amoureuses de moi (^_^). Mais cette fille… Ce n’était pas pareil. Je ne croyais pas qu’elle fut une fan ordinaire. - Car tu es tout pour moi, mais je ne te connais pas. Pourtant, tu es sans doute le meilleur ami que je n’ai jamais eu. Je ne comprenais pas. Elle jeta un autre regard derrière elle, comme si elle était pressée de partir. Soudainement, elle regarda son cahier, puis me le tendit. Je tendis à mon tour ma main, pour le prendre. - Tu veux que je signe ? demandais-je. Elle sourit. - Tu peux faire ce que tu veux de ce cahier. Il est à toi, maintenant. Ses yeux s’emplirent d’eau. Elle souriait tristement, mais semblait heureuse. - Je veux simplement une chose, dit-elle dans un murmure. Lis ce cahier, lis-le dans une heure, une semaine, un an, dix ans, mais lis-le. C’est ma seule volonté. Je pris le cahier. Je ne pouvais détacher mes yeux du visage de cette enfant qui semblait détruite. - Je te le promets, répondis-je, dans un murmure, également. Satisfaite, la jeune fille se tourna et partit. Elle laissa un poids sur mon cœur. Je ne savais pas pourquoi, mais à ce moment je savais que j’allais toujours me souvenir d’elle. Dans l’autobus, je repensais à « l’inconnue ». Qui était-elle ? Comment se faisait-il qu’elle ne semble connaître des moi que mon nom. - Arrêtes d’y penser, me conseilla Tom, quand je lui en parlais. Tu sais bien que nous avons parfois des fans un peu bizarres. Je crois qu’il est un peu jaloux. Elle ne l’avait qu’à peine regardé. L’autobus partit après le souper. Fatigués, les autres relaxaient en écoutant de la musique, discutant, jouant aux cartes. Moi, j’étais incapable de me concentrer sur quoi que se soit. Je tenais le cahier de l’inconnue dans mes mains et je n’osais pas l’ouvrir. J’avais peur que ce ne soit qu’une blague. Qu’en fait elle ne soit qu’une groupie normale, aux idées un peu tordues. Que dans le but d’attirer mon attention, elle ait fait semblant d’être différente. Finalement, je l’ouvris. Me rappelant que le cahier semblait valoir de l’or pour elle, je le manipulais avec délicatesse. Sur la première page, il y avait un dessin de moi. C’était bizarre. Il semblait maladroit, comme celui d’une enfant. Mais en même temps, il y avait du talent et je me reconnaissais parfaitement. C’était moi avant mes cheveux hérissés, avec ma frange. En bas, il était écrit mon nom. Je m’observais un moment, sachant que c’était elle qui l’avait dessiné. Je vis tout en bas, une signature illisible et une date. C’était vraiment au tout début de ma carrière. C’était sans doute une fan de longue date. Je tournais la page et je compris ce qu’était le cahier. 19 septembre 2005 Cher journal, Je t’ai trouvé dans un coin du bureau de maman, quand elle était occupée dans le salon. Dans le livre que je lis, la fille a un journal intime. Quand j’ai demandé à maman ce qu’était un journal intime, elle m’a dit de la laisser boire tranquille. Je suis partie et j’ai continué à lire. C’est comme un ami ! C’est une personne de papier à qui tu peux tout raconter, il ne te trahira jamais ! J’ai décidé que j’aurais moi aussi un journal intime. Dans le livre, le journal a un nom. C’est le nom de la sœur décédée du personnage. Mais moi, je ne connais personne qui soit mort. La seule personne de ma famille que je connaisse c’est ma mère, et en dehors d’elle je ne vois jamais personne. Je vais te trouver un nom spécial, cher journal. Un nom qui sera qu’à toi. Tu seras mon ami, mon confident. Tu vas voir, j’ai plein de choses à raconter. Mais avant je dois te trouver un nom. J’ai décidé que ce serait un nom de garçon, vu que je ne connais pas de garçon. Mais j’ai lu ce que c’était dans un roman. C’est quelqu’un avec des cheveux court et maman dit que c’est idiot un garçon. Mais moi, je crois qu’ils ne le sont pas tous. Dans mon livre, le garçon il est très gentil et le personnage principal l’aime beaucoup. Elle dit ressentir de l’«amour » pour lui. Mais moi je ressens de l’amour que pour ma mère. Je ne sais pas ce que c’est d’aimer quelqu’un d’autre, ça ne m’ai jamais arrivé. Mais le personnage a 15 ans. Moi je n’ai que 10 ans. Mais un jour je vais aimer quelqu’un d’autre que maman. Maman dit que quand je serai plus vieille je pourrai sortir un peu. Selon elle je ne dois pas sortir parce que c’est dangereux dehors. Elle dit que je me ferai « bouffer toute crue ». Mais je ne sais pas ce que ça veut dire. Moi je n’ai pas peur. Mais maman dit que je ne dois pas, donc je n’y vais pas. Plus je lisais, plus ça m’intriguait. De toute évidence, ce journal était spécial. J’étais si perdu dans mes pensées et dans ma lecture que je ne me rendis pas compte que Tom lisais par dessus mon épaule. - Cher journal ? Cette fille t’a donné son journal intime ? Il éclata de rire. - Voyons, elle dira certainement souvent qu’elle t’aime et qu’elle veut se marier avec toi plus tard. Que t’es sexy, mais que quand même, Tom c’est le plus beau. Il riait, le con ! Et il trouvait vraiment sa blague drôle ! Je secouais tristement la tête. - Tom, à chaque jour tu me désespères un peu plus. Il leva un sourcil, un sourire moqueur étalé sur son visage. - Dit le frustré, compléta t’il. - Oh, et vas donc discuter avec Georg, il te donnera peut-être un peu de sa maturité. Et j’ouvris de nouveau le journal. Je changeais de page. Tags associés : Vergessene, kinder, partie
Dimanche 01 Juin 20083 commentaire(s)
1er octobre 2005 Je t’ai trouvé un nom, cher journal ! Oui, un beau nom, le nom d’un garçon. Maman ne savait pas que j’étais dans le salon et elle a ouvert la télé. Je n’ai pas le droit de regarder la télé, tu sais. Maman dit que c’est mauvais pour les neurones. Mais cette fois-ci j’ai regardé. Maman écoutait un reportage. Et je t’ai vu ! Oui, toi, mon journal ! Ou plutôt, celui qui porte ton nom, journal. Ils parlaient de lui à la télé. Je n’ai vu que ton image et son nom. Son nom, c’est Bill Kaulitz. Et Bill c’est toi, maintenant. Il avait les cheveux noir et du noir autour des yeux. Je ne sais pas ce que c’était, mais c’était joli. Il souriait et j’ai trouvé qu’il était joli. Mais ensuite, maman m’a vu et m’a chassée du salon. Dès que je suis descendue, j’ai décidé que ton nom serait Bill et que quand je te parlerai, tu prendrais l’apparence de ce garçon. Je t’ai dessiné sur la première page. Tu prends forme et c’est bien, Bill. Je suis contente et je sens que l’on va bien s’entendre.
Je comprenais maintenant pourquoi elle voulait que je lise son cahier. Car en fait, son cahier c’était moi. Mais quand même, certaines allusions m’intriguaient, particulièrement celles à propos de sa mère. Mais c’était écrit avec tellement d’innocence, même pour une gosse de dix ans, que je me demandais à quel point elle se rendait compte que sa mère était folle. Je trouvais mignon qu’elle ait appelé son journal Bill, mais en même temps je me demandais comment cela se faisait qu’elle me demande si j’étais vraiment moi. Comme si c’était la seule fois qu’elle m’avait vu. Comme si elle était coupée du reste du monde.
- Regardez celui qui disait qu’il ne tomberait jamais amoureux d’une fan ! s’exclama Georg, d’un couchette, en riant.
Ce n’était pas méchant et je ne relevais pas la remarque. J’ouvris de nouveau « Bill ».
27 Octobre 2005
Cher Bill,
Aujourd’hui, maman a emmené un garçon à la maison. Celui-là il n’était pas comme toi ! Il était grand et gros, tout poilu. Il avait une valise et je crois qu’il va rester ici. Quand il est entré, ma mère m’a crié « Fiches le camps ! » et je suis partie dans ma chambre. Il est venu me voir après et m’a dit qu’il s’appelait Hugo, et qu’il était mon nouveau papa. Je n’ai pas compris. Je ne sais pas ce qu’est un papa, que je lui ai dis, je n’en ai jamais vu. Il a éclaté de rire et m’a dit que c’était comme une maman mais en « homme ».
Un homme, je crois que c’est comme un garçon, mais en plus poilu. Quoi qu’il en soit, il m’a dit que désormais, il fallait que je fasse tout ce qu’il voulait. J’ai pas répondu. Pour tout te dire, Bill, il me fait peur Hugo. Il dit qu’il vient de Berlin. Moi je sais pas c’est où Berlin. Il m’a dit que c’était une ville en Allemagne. J’ai demandé ce qu’était une « Allemagne ». Il m’a dit que c’était l’endroit où nous vivions et que c’était grand. Même si j’ai un peu peur de lui, je l’aime bien. Tu l’aimerais peut-être Bill !
15 novembre 2005 Cher Bill, Ma maman me fait l’école à la maison, quand elle en est capable. Elle me donne des cahiers et des manuels, et je les lis. Elle dit que je ne suis pas assez douée pour aller à l’école normale. Alors je prends les manuels et je travaille fort pour pouvoir sortir un jour. Dans le roman que je lis, le garçon voyage partout. J’ai compris ce qu’était l’Allemagne parce qu’ils en parlent. Le monde est vraiment grand ! Mais dans le roman, ils ne parlent pas des monstres que maman voit dehors et qui lui font peur. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m’a dit : « Car ils les cachent, ils mentent ! Ce ne sont que des menteurs ! ». Elle s’est approchée de la fenêtre, puis a crié. Elle avait vraiment peur. Elle s’éloignait de la fenêtre en hurlant et en se cachant les yeux. J’ai eu peur moi aussi. Hugo m’a dit d’aller dans ma chambre. Il avait l’air très fâché. Je ne comprend pas ce que j’ai fais. 19h00 Je le déteste ! Je le déteste ! Il m’a fait mal ! Bill, il m’a frappé avec sa ceinture ! Il est entré dans ma chambre et m’a parlé d’une voix douce. « C’est mal de faire peur à ta mère. Tu comprendras que je dois te punir… » Sur le coup je ne comprenais pas. Qu’est-ce que je faisais de mal ? Quand il a prit sa ceinture, je ne comprenais toujours pas. Quand il a frappé dans mon visage, ça m’a fait si mal que j’ai vu de petites lumières. J’ai hurlé ! J’ai appelé ma maman à l’aide, mais elle n’est pas venue. Peut-être l’avait-il tuée ? Peut-être me tuerait-il moi aussi ? Cher Bill, j’ai pensé à toi très fort. Mais j’ai peur qu’il revienne. J’ai mal à mon visage et à mes bras. Je reste dans ma chambre. Je n’ose pas sortir, de peur qu’il recommence. Je déteste les hommes, Bill !
La lecture de ces mots me terrifiaient. J’avais des frissons qui me parcouraient en entier. Je refermais le journal d’un coup, pétrifié. J’entendais les rires et les plaisanteries des trois autres, mais on aurait dit que c’était comme si j’avais les oreilles bouchées. Je serrais les poings, je tremblais. J’aurais voulu démolir ce type. Je fus tenté d’arrêté là ma lecture. Puis je revis son visage.
« Lis-le » semblait murmurer sa voix à mon oreille.
« Lis-le et plus rien ne sera comme avant… » Quand j’ouvris de nouveau le journal, je vis un autre visage. Un visage d’homme. Ses cheveux étaient courts, ses yeux petits et sur ses lèvres on lisait un sourire méchant. Je n’eus pas besoin de lire le nom inscrit dans le bas pour voir que c’était sans doute « Hugo ». Tags associés : Vergessene, kinder, partie
Mardi 03 Juin 20083 commentaire(s)
24 novembre 2005 Cher Bill, Aujourd’hui, j’ai commencé un nouveau livre. Ça parle d’une petite fille qui se faisait frapper par son papa. Mais quand s’en mère s’en ait rendue compte, elle l’a envoyé en prison. Une prison, c’est un endroit pour les malfaiteurs. Ils les mettent là pour qu’ils réfléchissent à leurs actes. Je crois que le livre ment. Les mamans n’envoient pas les papas en prison. Ma maman ne voit rien et n’entend rien. Quand il me frappe devant elle, elle détourne les yeux et prend une nouvelle bière. Elle souffre, je le sait. Mais elle a peur, comme moi. Je crois que nous avons une prison à la maison. C’est ma chambre. J’y suis toujours. Hugo dit que je dois réfléchir à mes actes. Mais je ne comprends jamais ce que j’ai fait. Alors je t’écris, Bill. Je lis beaucoup aussi. J’adore lire des histoires qui se passent partout dans le monde parce que je peux m’imaginer là-bas aussi. J’aimerais voir le désert, les forêts tropicales, la neige d’Amérique du nord, le mont Everest. Un jour je t’y emmènerai. Nous irons ensemble voir ces endroits. - Hey, Bill. Tu viens te dégourdir les jambes ? me demanda mon frère, interrompant ma lecture. Je ne m’étais pas rendu compte que l’autobus s’était arrêté. Je secouais négativement la tête. Tom semblait agacé par mon comportement. D’habitude je ne m’isolais pas ainsi. Mais je voulais savoir comment cette pauvre fille était finalement sortie pour venir me retrouver. En même temps, je savais que j’allais sans doute lire des horreurs. Mais Tom s’assit proche de moi, avec la ferme intention de m’empêcher de poursuivre dans ma lecture. - Alors, comment ça avance l’écriture ? demanda t’il, l’air innocent. Cette question m’agace. Je subis en ce moment un manque d’inspiration chronique. Je sais que lui, Gustav et Georg ont déjà composé la musique pour toutes les chansons que j’ai écrites. Il ne reste que trois ou quatre compositions à faire. David (notre producteur (NDA : Le vrai ^_^)) attends après nous pour annoncer la sortie prochaine de notre deuxième album. Son nom sera Zimmer 483. - Ça va très bien, répondis-je sèchement. Tom haussa un sourcil. - Ouais, c’est ça. Bill, ça fait bien une semaine que je ne t’ai pas vu écrire la moindre parole. Est-ce que tu veux qu’on laisse un compositeur externe finir l’album ? - Non ! m’exclamais-je. J’avais dit que je ferais ces chansons, je le ferai. Bill Kaulitz n’a qu’une parole et surtout un orgueil de fer. - Alors, il serait peut-être temps que tu arrête de lire et que tu reprennes ta plume ! Il me donna deux tapes derrière l’épaule et se leva. Il sortit une cigarette de son paquet et se la coinça dans la bouche. Ensuite, il sortis. Le bus était vide et silencieux maintenant. Le journal intime me brûlait les mains. Je le fixais et aurais voulus qu’il s’ouvre par la seule force de mon regard. Il voulait que j’écrive ? Mais à propos de quoi ? Avec quels mots ? Qu’est-ce qui plairait vraiment au public ? À un public qui me cracherait dessus si jamais je perdais complètement mon inspiration et que je faisais appel à des compositeurs. Je ne voulais pas parler de l’amour, c’était déjà un sujet présent dans le disque. Ce cahier, ce journal… J’avais l’impression que j’avais besoin de cette évasion douloureuse. Pour une autre fois encore, j’ouvris le journal. Cette fois-ci, l’écriture semblait précipitée et il y avait des traces de larmes un peu partout. C’est avec appréhension que je poursuivis ma lecture. 1er décembre 2005 Cher Bill, Je ne sais pas et ne comprends pas ce qu’il s’est passé aujourd’hui ! Hugo est entré à la maison et le souper n’était pas prêt. Maman avait passé toute la journée à boire et à écouter la télé. Moi, j’étais dans ma chambre, comme d’habitude. J’ai entendu un cri. Ce cri, c’était maman qui l’avait émit. Je me suis précipitée en haut. Maman était étendue par terre et se protégeait le visage des bras. Hugo avait une grosse cuillère de bois et la frappait de toutes ses forces. « Je te l’avais dit ! » hurlait-il. « Tu n’écoutes jamais ! ». J’étais paralysée par la peur. De voir maman ainsi, ça me fendait, je me brisais intérieurement. Je crois que j’ai perdu tout conscience et j’ai sauté sur Hugo. Il s’es détourné de maman et m’a brusquement immobilisée. Il m’a tiré les cheveux si fort que ma tête à suivit. C’est ainsi que mon papa m’a entraînée dans ma chambre. Je crois que ça a duré très longtemps. Mais tout ce dont je me souviens, c’est la violence des coups et je regard d’Hugo. Il s’es essoufflé à un moment et s’est arrêté. « Tu restes dans ta chambre ! » haletait-il, avant de s’en aller, en claquant la porte. Bill, je crois que je suis méchante. Ce doit être là la seule raison pour qu’il me frappe, me punisse ainsi. Je dois être très méchante. Peut-être que tu me détesterais d’être comme je suis. Mais au moins, ces coups n’ont pas été vains, j’ai bien fait d’être méchante. Parce que je peux supporter qu’il me frappe. Mais ma mère, je ne serai jamais capable. Jamais. - Bill ! Je sursautais. Tom, Gustav et Georg me fixaient, l’air étrange. Qu’est-ce qu’il y avait ? Je ne les avais pas entendus entrer. - Qu’est-ce qu’il y a, les gars ? demandais-je. Je me rendis compte que ma voix tremblait. C’était plus fort que moi. - Il y a ça ! s’exclama Gustav en pointant mon visage. Je passais ma main dans ma face et me rendis compte qu’une larme y coulait, doucement. - Excusez-moi, dis-je, tentant de calmer ma voix. Tom semblait de pas comprendre. Gustav et Georg, eux, regardaient mon… non son journal. Je crois qu’ils ont compris. - Tu devrais peut-être arrêter de le lire, affirma Georg. Il fronçait les sourcils et semblait ne pas trouver qu’une telle lecture était bonne pour ma productivité. - Mais c’est quoi qu’elle écrit, pour que tu sois comme ça ? demanda Gustav, plus attentif à mes réactions. Il semblait troublé et son regard allait du livre à moi. - De quoi parlez-vous ? Ça c’était Tom. Bon vieux Tom, toujours à faire comme si il était idiot. Je suis sur dans le fond, qu’il comprend ce que je ressens à propos de ce bouquin mieux que quiconque ici. Mais il se croit si drôle… - Les gars, c’est juste… inhumain. Elle vit des choses horribles. J’avais presque murmuré ces paroles. Elle me traversait comme des poignards. Comment pouvait-elle vivre des choses aussi horribles et survivre ? Je me surpris à me demander si moi je ne me serais pas servis de la corde. - Ça ne t’a pas traversé l’esprit un instant que ce « bouquin », ce soit une fan qui l’a écrit pour attirer ton attention ? Sortir de la masse ? demanda Georg, cassant mes pensées. Non, ça ne m’avait même pas effleuré l’esprit. Comment est-ce que ça aurait put ? C’était vrai et sincère ce qui était écrit. L’on ne pouvait pas inventer des choses pareil. - Ne dis pas n’importe quoi ! m’exclamais-je en brandissant la main. Georg eut un sourire navré. - Tu es bien naïf, Bill ! Combien de fois on s’est fait raconter des histoires ? - Et toi tu ne crois pas assez en la nature humaine, Georg ! Combien de fois est-ce que c’était vrai ? Est-ce que tu oublies tout ces enfants… - Non ! me coupa t’il. Il s’interrompit. - En fait, je les oublie, en effet, Bill. Il y en a beaucoup trop, de ces enfants oubliés. Tu ne peux pas prendre leurs poids sur tes épaules, tu n’es pas assez fort pour cela, personne ne l’est. Il secoua tristement la tête. - Peut-être que l’histoire de cette fille est vraie, mais rappelle toi cela : Tu ne peux rien pour elle. Une tristesse infinie m’envahit. C’était malheureusement vrai ce que me racontait Georg. Je ne pouvais rien pour elle. Je venais tout juste de partir de Berlin, direction une tournée de l’Europe. Demain je serai sur scène, acclamé par des milliers de fans. Penserai-je à elle à ce moment là ? Et quand je me jetterai dans la foule, qui m’attrapera et que je sentirai leurs mains sur mon dos, sachant qu’elles me soutiennent, penserai-je à elle. Quand je vivrai mon premier amour et que j’en serai épanoui, penserai-je à elle ? Quand j’aurai mes premiers enfants, penserai-je à elle ? Quand … Non, je ne penserai pas à elle, parce qu’elle est une. Une parmi des centaines, des milliers d’enfants oubliés. Tristement, je me levais, le cahier dans les mains. - Merci beaucoup Georg, t’es vraiment le meilleur des potes quand il s’agit de remonter le moral. Et je me dirigeais vers ma couchette. - Bravo, Georg ! entendis-je, la voix de Tom. - Ton frère se perds trop souvent, par apport à la réalité. Il est temps qu’il apprenne à redescendre sur terre et a se protéger émotionnellement. Si nous continuons à devenir célèbre, ce ne sera pas la dernière fois qu’il recevra des lettres, des histoires d’horreur. Il croit quoi ? Qu’il les sauvera tous ? Il rêve, selon moi, c’est impossible ! Je fermais les yeux. Je ne voulais plus rien entendre. Je cherchais mon Ipod à tâtons et mettais les écouteurs. La musique envahit mes oreilles et je n’entendis plus la voix de Georg. Je m’en foutais de ce qu’il disait. Je savais que je ne pourrais pas la sauver. Il était con ou quoi ? Mais j’avais besoin de savoir ! C’était une sorte d’obsession pour moi. J’ouvris la petite lampe au dessus de mon lit et ouvrit le journal. Peu importe que je ne puisse pas la sauver. Elle me sauvait moi et grâce à elle j’en sauverai d’autres… 15 décembre 2005 Cher Bill J’ai rêvé à toi hier. Je marchais dans un champ (J’en ai vu une fois à la télé, pendant que maman dormait, c’est très beau) et je souffrais. J’avais mal et je ne savais pas pourquoi. Le vent soufflait très fort et il s’est mit à pleuvoir. J’avais peur, je pleurais. J’avais très froid et je ne pouvais plus bouger. Alors je suis tombée par terre et je restais là, tremblant et pleurant. Puis, tu es arrivé. Je savais que c’était toi, j’avais vu tes cheveux et tes yeux, ils sont impossibles à oublier. Tu m’as dit de me relever et de continuer à marcher, parce que si je restais ici, ce serais la fin de tout. Tu m’as dit que si je restais, je vivrais l’enfer pour le reste de ma vie. Je t’ai répondu que c’était trop difficile et qu’ici, grâce au blé, j’étais protégée du vent et du froid. Tu as souris et m’as tendu la main en disant : Oui, ici tu te sens protégée, mais tu n’es pas libre. Le blé t’empêche de voir ce qu’il se passe autour et il te tient serrée entre ses tiges. Si tu viens avec moi tu auras froid, le vent te soufflera et tu souffriras. Mais jamais autant qu’ici. Alors j’ai pris ta main et tu m’as relevée. Nous avons continué à marcher, puis je me suis réveillée. J’aurais aimé ne pas me réveiller et rester avec toi Bill. J’aimerais marcher avec toi, dans le froid, le vent et la pluie. Tout serait mieux qu’ici. Tags associés : Vergessene, kinder, partie
Mercredi 11 Juin 20083 commentaire(s)
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